Le fabuleux parcours d’un étudiant ordinaire : quand l’IA chuchote à l’oreille des pairs
Résumé
Il était une fois, dans une salle de TD, des étudiants en BUT MMI qui, comme tant d’autres, venaient de découvrir le monde (pas toujours enchanté) de LinkedIn. Leur mission ? Créer une page professionnelle qui leur ressemble, entre CV en ligne et miroir de soi. Mais ici, pas d’évaluation sommative, ni de grand jury à convaincre. Non, cette fois, l’objectif était tout autre : apprendre à se regarder, à regarder les autres, et à se parler… en feedback. Car dans cette aventure, chacun devenait tour à tour auteur, observateur, évaluateur, et explorateur de compétences.
L’intention pédagogique était simple et ambitieuse à la fois : permettre aux étudiants de développer leur autonomie, leur esprit critique, leur capacité à formuler un retour constructif et à en tirer parti. En somme, les faire progresser non pas à la fin, mais tout au long du chemin, dans une logique d’évaluation réellement formative.
C’est dans ce cadre qu’est née une expérimentation du projet PairsIA, un projet de l’Université de Montpellier soutenu par la Région Occitanie, qui explore les promesses de l’évaluation par les pairs assistée par l’IA. Porté par la plateforme ChallengeMe, PairsIA propose une nouvelle forme de compagnonnage pédagogique, dans laquelle l’IA devient un tuteur discret – elle n’évalue pas, elle accompagne.
Le dispositif a été intégré à l’environnement Moodle, facilitant la diffusion de l’activité, l’accès aux retours, et la structuration du parcours. Rien à installer, rien à coder : juste un cadre familier, enrichi par une brique nouvelle, presque invisible.
Intégrée dans la plateforme, l’IA suggère des formulations, encourage la nuance, soutient la structuration du feedback. Elle chuchote à l’oreille des pairs, les aide à formuler leurs idées, à prendre confiance. Et surtout, elle n’est jamais là pour remplacer, mais pour déclencher une prise de conscience, un mouvement intérieur.
Dans cette histoire, l’évaluation ne venait pas à la fin. Elle n’était pas une sanction mais un tremplin. Un parcours d’apprentissage progressif, tel que le décrit Jacques Tardif (2006) : un savoir-agir complexe, mobilisant des ressources variées au sein de situations authentiques.
D’abord, l’étudiant créait sa page LinkedIn. Ensuite, il observait celle d’un pair, la comparait, s’essayait au retour. L’IA l’accompagnait, l’aidait à choisir ses mots. Il découvrait ce que Dochy et al. (1999) appelaient le jugement évaluatif : la capacité à évaluer le travail d’autrui comme un miroir du sien.
Puis venaient les retours : parfois maladroits, souvent bienveillants, toujours utiles. L’étudiant reprenait sa page, comme on polit une pierre. Il ne modifiait pas pour obtenir une note, mais parce qu’il comprenait mieux ce qu’il voulait dire de lui-même. Il devenait acteur de son développement, renforçant son autonomie, sa réflexivité, son esprit critique (Tai & Ajjawi, 2018 ; Mailles-Viard Metz, 2015).
Ce que cette expérimentation a montré, c’est qu’il n’y a pas besoin de baguette magique pour faire progresser un étudiant. Juste un cadre bienveillant, un outil qui guide sans imposer, et une voix – parfois artificielle – qui vous pousse à oser.
Et si, comme Amélie Poulain, on décidait de regarder le monde pédagogique autrement ? Et si on croyait aux petites révolutions silencieuses, comme celle du feedback entre pairs assisté par l’IA ?
Alors peut-être que, derrière une simple page LinkedIn, se cache un fabuleux parcours d’apprentissage
Informations pratiques
- Date : Mercredi 2 juillet
- Heure : 15h00-15h30
- Lieu : Amphithéâtre 45A Canal Saint-Martin
- Niveau : Explorateurs et exploratrices des premiers pas
- Public cible : Enseignante et enseignant 1er ou 2nd degré, enseignante et enseignant universitaire, ingénieur et ingénieure pédagogique
Intervenantes et intervenants